20/07/2011

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Juste une sensation d'horreur et de dégoût, accompagnée d'envies de vomir perpétuelles.




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Solitude. C'est comme un coin de rue flippant auquel on arrive sans crier gare. Comme un minuscule papillon bleu dans un gigantesque pré rempli d'herbes hautes. Comme un foutu pélican au milieu d'un lac. Comme un ciel qui s'embrase et qui semble se consumer de lui-même. Comme un putain d'oiseau dans le ciel vaste et infini. Comme une vue lointaine sur un paysage qui semble inanimé. Tout ça, et tellement plus.
Se casser la gueule sans prévenir. Il y avait un putain de rocher sur le chemin qu'on n'avait pas vu venir. Bam, une jambe cassée, et bien amochée. La catastrophe. Le déluge. La mauvaise surprise. On pense d'abord qu'on ne pourra plus courir, plus marcher correctement, que c'est la fin, que ce ne sera plus pareil. En effet, ce ne sera plus pareil. Mais aussi douloureux que ça puisse être, on essaye quand même de continuer ce chemin en marchant avec sa jambe cassée. On prend sur soi, et parfois on arrive à oublier quelques peu la douleur. Mais cette connasse revient, par à-coups. C'est difficile à gérer. On sait que ça mettra un certain temps. Mais on y croit. Et au final, on n'est pas tout seul sur ce chemin. On surmonte la déception cuisante et traumatisante de cette fracture inattendue. Petit à petit. On voit même quelques refuges arriver sur les bords du chemin. Et on sait qu'on y est bientôt, et que ça nous aidera à nous remettre d'aplomb. On boite toujours un peu avant d'y arriver, en considérant la fracture à présent comme un peu plus superficielle et surmontable. Mais voilà que boum. Coup de vent inattendu, balayant le refuge sur son passage. Et brisant l'autre jambe du même coup. Une deuxième catastrophe. Une autre mauvaise surprise. Une déception de plus. Un échec cuisant auquel on n'avait pas envie de se confronter. Il y avait un putain de grand arbre devant le refuge, et le vent aurait pu s'y attarder. Mais non, histoire que ce soit encore plus vicieux, il a contourné l'arbre pour venir détruire directement le refuge dont on avait besoin pour reprendre des forces et avancer sur le chemin. Voilà que maintenant les deux jambes sont brisées. Et quoi après ? Il n'y a pas de troisième jambe. Pas de troisième déception à risquer. Faut-il continuer sur ce foutu chemin, en avançant à trois à l'heure, avec une douleur à s'en fendre la tête contre un rocher ? Se donner la peine, prendre sur soi de nouveau, y croire encore, s'assurer que cette fois c'est la bonne, en risquant de mettre deux fois plus de temps ? Ou faut-il l'envoyer se faire foutre pour ramper à travers les buissons jusqu'à en trouver un autre ? Gros problème, gros dilemme. C'est à se rendre malade. Et c'est tellement dommage. A la base, ce chemin est agréable.
Il n'y a plus qu'à se convaincre qu'il l'est toujours. Et avancer.
Il faut croire que l'affection demeure.




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