Une période de liberté pour un caramel mou.
C'est comme ça que je vois ces vacances. Oui, c'est à peu près ça. Pourtant... je les attendais celles-la. Pas moins de 4 mois et demi de "pause". Après une première année d'études. Qui d'ailleurs, n'est pas encore validée... C'est pas comme si j'avais peur des résultats du 2ème semestre (mais un peu quand même).
→ Le caramel mou c'est quoi ? C'est qui ? Pourquoi ?
C'est moi. Au début c'est dur, c'est bien, ça fait chier personne. Ça a même des idées, des supers projets, des pulsions intelligentes, si si. Puis après ça devient mou, à cause de l'ennui, de la flemme, de déceptions. Un caramel mou est un caramel déçu. Une espèce de grosse loque qui se contente de se ramollir. Mais attention, s'il est mou c'est aussi qu'il a fondu à un moment donné. Et ça fond à cause de... allez savoir. Cela fait maintenant un petit bout de temps que je fonds, mais ça c'est moins embêtant, pour ne pas dire que c'est plaisant.
→ Mais au fait, tu fous quoi de tes vacances ?
Au début je voulais bosser. Eh oui. Dans le sens gagner des sous. Parce qu'il faut bien payer le train. Et je ne conçois pas d'arrêter de le prendre. Parce qu'il faut que je change de portable, il continue de faire des siennes ce petit couillon (je veux un iPhone, s'il-vous-plaît merci). Parce que j'ai besoin d'avoir une certaine indépendance financière. Parce que...ah oui, dans moins de 2 ans je pars pour une année à Oxford (si tout va bien) et que c'est pas gratuit, loin de là. Parce qu'à l'automne je m'envole pour Edimbourg (Scotland is great) et que le tourisme ça coûte cher, surtout si je veux manger quelque chose de bon, ça fait quand même partie de la Grande Bretagne. Et puis parce que merde, j'ai envie de vivre. Mais il y a une semaine : Game Over Juliette. Mon super job de serveuse au café du Gros Caillou, mignon petit restaurant faisant (presque) toujours terrasse pleine, au bout du boulevard, avec une vue imprenable sur la ville de Lyon, agréable, avec une équipe sympathique, une dizaine de personnes donc la moitié était du même bord que moi (c'est chouette de se sentir comprise), en gros un job parfait quoi. C'était souple, ça remettait pas en cause mes jours d'absences parisiens ou même mes concerts prévus et mon voyage en Écosse. Quatre mois à bosser. Autant vous dire que ça faisait des sous, et que je comptais vachement dessus. Le premier jour, je me suis déchirée, j'avais très peu dormi, étant malade comme un chien (because pollens = rhume des foins = dépendance aux mouchoirs = respiration de merde), et j'ai fais huit heures de service, en courant, alors qu'on ne m'avait pratiquement rien expliqué sur l'organisation toute nouvelle. Mais non, après ça c'était fini. Ils n'ont pas eu plus besoin de moi. " Trop de personnes ". J'me suis vite sentie très inutile d'un coup. Et y'a tous mes projets dans ma tête qui ont flippé tous seuls et se sont mis à se rentrer dedans et à se briser un peu. C'est là que j'ai commencé à adopter mon attitude de caramel mou. Que faire ? Tout recommencer, pardi ! Distribution de CV, inscriptions en ligne, etc... Et bien sûr, trouver quelque chose de souple. Quelque chose me dit que je vais galérer. Et ça, ça mine le moral. Mais c'est pas grave, d'ici peu il y a des chances que vous me voyiez distribuer des quotidiens gratuits dans la rue, aux grosses sorties de métro, ou même dans les gares. Du moins j'espère. Rien à foutre de porter une casquette moche obligatoire et un k-way pas sexy (enfin tu me diras on est en été...ce sera peut-être un t-shirt maintenant), je veux des sous, c'est tout.
→ Et donc...ça répond pas, tu fous quoi de tes vacances ?
J'attends. Voilà ce que je fous. Je suis en attente d'à peu près tout. Je me remplis d'espoir. Mais pas trop non plus, pas envie de rechuter encore, je risque d'y perdre des dents cette fois.
→ En gros, t'es assise sur ton lit à rien foutre en regardant ta fenêtre avec un regard vide ?
Non, quand même pas. Pas encore. Je fais des choses...mais des choses de loque. Je m'occupe comme je peux on va dire. Je reste sur mon ordinateur à regarder des séries, des films, à retoucher des photos, à me motiver à écrire, à découvrir de nouvelles musiques, à parler à des gens à qui j'ai envie de parler, et certain(e)s qui me manquent. Puis quand j'y suis pas, je cours après mon chat. Je lui lance une chaussette et elle me la rapporte. Je l'embête un peu aussi. Je joue à la playstation, ça occupe, et souvent pendant de longues heures. Je pense beaucoup aussi. A avant, à après. Au fait que je me sens assez seule, et que j'ai hâte que mon petit brin d'herbe se ramène. A ce que j'aimerai faire, mais j'ai souvent pas le courage de m'y mettre, donc j'y range dans un tiroir à envies qui est caché dans ma tête. Ah, et je fais de la musique aussi. Avec un logiciel. Bon, c'est pas Garage band, malheureusement, mais j'arrive tout de même à quelque chose au final. J'y travaille. Par contre...pour les remix, j'y repasserai. C'est juste impossible (faut dire aussi que Jónsi c'est dur à remixer).
→ C'est bientôt ton anniversaire, ça devrait être plus intéressant.
Ah bah tiens, en parlant de ça, le meilleur qui m'est arrivé récemment, à l'occasion de mon anniversaire en avance, c'est cette magnifique invention qu'est la carte UGC Illimité. Je la vénère un peu. Maintenant je peux aller voir tout et n'importe quoi au cinéma. C'est le pied. Alors je ne m'en prive pas. Je pense que je me mettrai à parler un peu plus souvent de cinéma ici, à l'occasion. Puisque je vais en avoir, des choses à dire.
→ Un film t'a marquée récemment ?
Au niveau cinématographique : De L'eau Pour Les Éléphants.
A un niveau personnel : Tomboy.
Je les conseille vivement tous les deux.